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Trop addictif, Netflix est poursuivi en justice

Par Laurence - Publié le

Après TikTok, Meta ou encore YouTube, c’est désormais au tour de Netflix de se retrouver dans le collimateur de la justice. Le procureur général du Texas, Ken Paxton, vient de déposer une procédure contre la plateforme de streaming.

Netflix Addiction


Netflix accusé de rendre son service « addictif »



Le procureur remet en question la stratégie de Netflix, et l'accuse d’avoir construit un service pensé pour maximiser le temps passé devant l’écran, tout en collectant massivement des données personnelles, y compris celles des mineurs.

Selon la plainte déposée lundi devant un tribunal près de Dallas, Netflix aurait notamment pendant des années minimisé publiquement l’ampleur de sa collecte de données alors que la société enregistre et monétise des milliards de signaux comportementaux.

Trop addictif, Netflix est poursuivi en justice


Il lui est également reproché l’utilisation de dark patterns, autrement dit des mécanismes de design destinés à garder les utilisateurs captifs le plus longtemps possible tout au long de la nuit. Sont ainsi mentionnés l’autoplay des épisodes, les recommandations permanentes, ou encore certaines mécaniques de navigation pensées pour limiter les interruptions de visionnage.

Selon Ken Paxton, ces fonctions ne servent pas uniquement à améliorer l’expérience utilisateur mais participent directement à une logique d’addiction numérique, notamment chez les plus jeunes. Le dossier s’inscrit dans une vague beaucoup plus large de procédures visant les grandes plateformes technologiques américaines autour de la santé mentale, du temps d’écran, et de l’impact des algorithmes sur les mineurs.

Une collecte de données beaucoup plus large qu’annoncé



L’autre volet de la plainte concerne les données personnelles. Le Texas accuse Netflix d’avoir construit un vaste système de surveillance comportementale capable d’analyser les habitudes de visionnage, les appareils utilisés, les réseaux domestiques, ou encore les préférences des utilisateurs.

Trop addictif, Netflix est poursuivi en justice


Selon les autorités texanes, certaines de ces informations auraient été ensuite indument transmises à des courtiers en données, des sociétés publicitaires, ou des entreprises spécialisées dans l’analyse marketing et financière des consommateurs. Netflix aurait ainsi progressivement basculé d’un modèle présenté historiquement comme sans publicité et respectueux de la vie privée vers une logique beaucoup plus proche des géants de l’adtech.r

Le recours insiste particulièrement sur les profils mineurs. Le Texas affirme que Netflix continuerait à collecter des données sur les jeunes utilisateurs, malgré les limitations officiellement mises en avant par l’entreprise. Les autorités demandent notamment la suppression des données collectées illégalement, des pénalités pouvant atteindre 10 000 dollars par violation, et des modifications du fonctionnement de Netflix pour les comptes enfants, notamment autour de l’autoplay. Netflix a rapidement répondu en jugeant la plainte sans fondement et basée sur des informations inexactes et déformées.

Qu'en penser ?



Cette affaire illustre surtout le changement de ton très net des autorités américaines vis-à-vis des grandes plateformes technologiques, suivant une tendance lancée par l'Union Européenne. Ces derniers mois, plusieurs procès ont déjà visé Meta, YouTube, TikTok, ou encore les fabricants de téléviseurs connectés autour de la collecte de données et des mécanismes addictifs.

Le débat dépasse désormais largement les réseaux sociaux : le streaming vidéo, longtemps considéré comme moins problématique, commence lui aussi à être analysé sous l’angle de l’addiction numérique et de l’exploitation des données comportementales. Et Netflix pourrait bien devenir l’un des prochains grands symboles de cette nouvelle bataille réglementaire contre l’économie de l’attention.